• Être, c’est être sage sans être, cependant, étranger au fou ; c’est être fort mais non pas pour causer la perte du faible ; c’est jouer avec de jeunes enfants, non comme un père, mais plutôt comme un compagnon qui veut s’initier à leurs jeux.

    C’est être simple et franc avec les hommes et les femmes âgés, c’est vous asseoir avec eux à l’ombre de vieux chênes, alors que vous continuez à marcher avec le printemps.

    C’est partir à la recherche d’un poète, même s’il vit au-delà des sept fleuves, et être en paix en sa présence, sans besoin ni doute, sans une question sur les lèvres.

    C’est savoir que le saint et le pêcheur sont des frères jumeaux, dont le père est notre Gracieux Roi, et que l’un deux est né un instant avant l’autre, nous le considérons comme le Prince héritier.

    C’est suivre la beauté, même si elle nous conduit au bord du précipice ; et bien qu’elle soit ailée alors que vous ne l’êtes pas, et bien qu’elle saute par-dessus le bord, suivez-là. Car où la beauté n’est pas, il n’y a rien.

    C’est être un jardin sans murs, une vigne sans gardien, une maison au trésor à jamais ouverte à tout passant. C’est être volé, trompé, abusé, oui, induit en erreur, pris au piège puis bafoué ; mais malgré tout, regarder du haut de votre plus grand moi et sourire, sachant qu’un printemps viendra certainement dans votre jardin pour danser dans vos feuilles, et un automne pour mûrir vos raisins ; sachant aussi que si une seule de vos fenêtres est ouverte à l’Est, vous ne serez jamais vides, et que tous ceux qui sont considérés comme des brigands et des voleurs, des escrocs et des fraudeurs sont vos frères dans le besoin, et que vous êtes peut-être vous-mêmes comme eux aux yeux des bienheureux habitants de la Cité invisible, au-dessus de cette cité.

    Et maintenant, pour vous aussi dont les mains façonnent et découvrent toutes ces choses nécessaires au confort de nos jours et de nos nuits, Être, c’est être un tisserand aux doigts clairvoyants, un bâtisseur soucieux de lumière et d’espace ; c’est être un laboureur qui ressent que, dans chaque graine qu’il sème, il cache un trésor ; c’est être un pêcheur et un chasseur, ayant pitié du poisson et du gibier, mais ayant plus grande pitié de la faim et des besoins de l’homme.

    Et surtout je vous dis ceci : je voudrais voir chacun de vous sans exception s’associer aux desseins de tout homme, car c’est ainsi seulement que vous pourrez réaliser vos vertueux desseins.

    Mes camarades bien-aimés, soyez audacieux et non craintifs ; soyez ouverts et non bornés ; et jusqu’à ma dernière heure et la vôtre, soyez vraiment votre plus grand moi.

     

    Khalil Gibran

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  • Histoire issue de la tradition soufie :

    Un vieil homme était assis à l’entrée d’une ville. Un étranger venu de loin s’approche et lui demande : « Je ne connais pas cette cité. Comment sont les gens qui vivent ici ? » Le vieil homme lui répond par une question : « Comment sont les habitants de la ville d’où tu viens ? » « Égoïstes et méchants, lui dit l’étranger. C’est pour cette raison que je suis parti. » « Tu trouveras les mêmes ici », lui répond le vieillard.

    Un peu plus tard, un autre étranger s’approche du vieil homme. « Je viens de loin », lui dit-il. Dis-moi, comment sont les gens qui vivent ici ? » Le vieil homme lui répond : « Comment sont les habitants de la ville d’où tu viens ? » « Bons et accueillants, lui dit l’étranger. J’avais de nombreux amis, j’ai eu de la peine à les quitter. » Le vieil homme lui sourit : « Tu trouveras les mêmes ici ».

    Un vendeur de chameaux avait suivi la scène de loin. Il s’approche du vieillard : « Comment peux-tu dire à deux étrangers deux choses opposées ? » Et le vieillard lui répond : « Parce que chacun porte son univers dans son cœur. Le regard que nous portons sur le monde n’est pas le monde lui-même, mais le monde tel que nous le percevons. Un homme heureux quelque part sera heureux partout. Un homme malheureux quelque part sera malheureux partout.

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  • Ceux qui ont des yeux pour voir

     

     

    Évitez ceux qui disent : « Voilà, je ne vais pas plus loin ».Parce que ce qu’ils n’ont pas saisi c’est que ni la vie ni la mort n’a une fin ; ils ne sont qu’à des étapes de l’éternité.

    Restez près de ceux qui disent : « Tout va bien comme c’est, mais nous avons encore besoin de progresser. »Parce qu’ils ont besoin de comprendre les choses au-delà de l’horizon connu.

    Évitez ceux qui se rencontrent pour discuter, se prendre au sérieux et se montrer prétentieux, de toutes décisions que la communauté doit prendre. Ils comprennent la politique, ils tentent d’impressionner les autres et de montrer combien ils sont sages. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est qu’il est impossible de contrôler quoi que ce soit. Jusqu’à la chute d’un cheveu de votre tête.

    La discipline est importante, mais il faut laisser les fenêtres et les portes ouvertes à l’intuition et à l’inattendu.

    Restez près de ceux qui chantent, racontent des histoires, profitent de la vie et dont les yeux brillent de bonheur. Parce que le bonheur est contagieux et parvient toujours à trouver une solution, là où la logique ne fait que trouver une explication à l’erreur commise.

    Restez près de ceux qui aiment permettre à la lumière de Dieu de briller sans restrictions, jugements ou récompenses, sans la laisser être bloquée par la peur d’être mal comprise. Peu importe comment vous vous sentez, levez-vous chaque matin et préparez-vous à laisser votre lumière rayonner. Ceux qui ont des yeux pour voir verront votre lumière et seront enchantés par elle.

    Paulo Coelho

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  • Le coeur fait loi

     « Nous remarquons rarement que nous vivons au milieu de l’extraordinaire. Les miracles se produisent tout autour de nous, les signes de Dieu nous montrent le chemin, les anges essaient de se faire entendre, mais comme nous avons appris qu’il existe des formules et des règles pour arriver jusqu’à Dieu, nous n’y accordons aucune attention. Nous ne comprenons pas qu’Il est là où on Le laisse entrer.

    Les pratiques religieuses traditionnelles ont leur importance : elles nous font partager avec les autres l’expérience communautaire de l’adoration et de l’oraison. Mais nous ne devons jamais oublier que l’expérience spirituelle est avant tout une expérience pratique d’amour. Et dans l’amour, il n’existe pas de règles. Nous pouvons bien essayer de suivre des manuels, de contrôler notre cœur, d’avoir une stratégie de comportement, tout cela ne sert à rien. C’est le cœur qui décide, et ce qu’il décide fait loi. »

    Paulo Coelho « Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré »

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  • 1%

    "Le nombre minimal de personnes requises pour "déclencher" un changement de conscience est celui-ci : 1%.

    Les anciens mystiques ont rappelé à notre cœur, comme les expériences modernes l'ont prouvé à notre esprit, que la plus puissante force de l'univers réside en chacun de nous. Et c'est là le grand secret de la création elle-même : le pouvoir de créer dans le monde extérieur que nous imaginons par nos croyances. Cela peut sembler trop simple pour être vrai, mais  je crois que l'univers fonctionne précisément ainsi.

    Quand Rumi, le poète soufi, affirme que nous avons peur de notre immortalité, peut-être entend-t-il par là que c'est en réalité le pouvoir de choisir l'immortalité qui nous fait peur.

    ...

    Peut -être n'avons-nous besoin que d'un petit changement pour voir que nous sommes les architectes de notre monde et de notre destin, des artistes  cosmiques exprimant leurs croyances extérieures sur le canevas de l'univers. Si  on peut se souvenir qu'on est autant le tableau que l'artiste, peut-être alors peut-on se souvenir aussi qu'on est autant la semence que le miracle lui-même. Si nous pouvons effectuer ce petit changement, nous sommes déjà guéris dans la Divine Matrice."

    Gregg Braden - La Divine Matrice

     

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