• Muse, que me dis-tu ?

    Muse, que me dis-tu ?

     

     

    Oh muse, mon amie, que me chuchotes-tu,

    Du haut de ce ciel gris où le soleil n’est plus ?

    Quoi, tu dis qu’il fait beau sous les sombres nuages,

    Quand on n’entend l’écho que du violent orage ?

     

    Tu dis que le parfum de la terre est nectar,

    Embaumant au matin, au midi et au soir,

    Quand des êtres sans nom, inconscients et austères

    Y versent le poison qui coule en nos artères ? 

     

    Tu dis que la musique est le rire des anges

    Et qu’elle est fantastique et belle autant qu’étrange,

    Dans le chant d’un oiseau sous la pluie du printemps,

    Dans la feuille et dans l’eau, dans la fleur, dans le vent ?

     

    Mais comment le zéphyr pourrait-il encore rire

    Quand les pleurs, les soupirs étouffent ses désirs ?

    Comment l’arbre peut-il toujours tendre ses branches

    Quand les plaisirs futiles hâtent sa déchéance ?

     

    Comment l’eau de la vie pourrait-elle danser

    Alors qu’elle charrie des bris d’humanité ?

    Comment le gai pinson peut-il chanter la fête

    Quand le son du canon résonne sur nos têtes ?

     

    Oh muse, mon amie, ton destin est étrange,

    Ta voix est sans répit, parfois tu nous déranges,

    Quand tu nous dis d’aimer ce qui n’est pas aimable,

    Quand tu mets sous nos pieds ce tapis confortable

     

    Afin que nos cœurs veuillent et attendent encore

    De l’amour sur nos seuils, de splendides aurores,

    Des moments de douceur entre loups et gazelles

    Armistices du cœur, paradis des merveilles…

     

    Nous savons bien pourtant, comme toi tu le sais,

    La raison des tourments de ce monde sans paix.

    Mais nous faisons semblant, quand nous nous sentons las

    D’être mal entendant. Nous ignorons ta voix.

     

    Aujourd’hui, mon amie, toi qui fus là, toujours,

    Dans les chagrins sans bruit, dans les passions d’amour,

    Je t’appelle en mon cœur, je te dis « viens vers moi »,

    Viens habiter mes heures et donne-moi le la,

     

    Pour qu’à nouveau mes doigts puissent tracer, fidèles,

    Les élans de mon âme endormie dans ses ailes,

    Et que le temps s’arrête, et que le temps s’enfuie,

    Vers ces matins de fête où s’élance la vie !

     

    Sérénita

    Ce poème est un extrait de mon recueil de poésie intitulé "Iridescence",

    disponible ici :

    The Book Edition

     

     

     

     

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