• Quand il ne reste rien

    Quand il ne reste rien

     

    Quand il ne reste rien qui puisse ensoleiller

    Les journées assombries de nuages de maux,

    Quand les soirs, les matins, ont l’air d’être endeuillés,

    Nous avons nos amis et le miel de leurs mots.

     

    Quand le vent du matin mélange avec fureur

    Les relents suffocants du fumier toujours chaud

    Avec les doux parfums de ces premières fleurs

    Qui au cœur du printemps font hennir les chevaux,

     

    Quand le fleuve de vie charrie les boues acides

    De nos rêves déçus et de nos peurs tenaces,

    Polluant sans répit cette eau pure et limpide

    De nos âmes à nu, cherchant du ciel la trace,

     

    Nous avons, cher ami, l’étrange certitude

    D’un avant sans tristesse, un après sans souci,

    D’un temps sans interdit où nulle solitude

    Ne transforme en détresse un simple écart de vie,

     

    Nous avons en nos cœurs le bonheur assuré

    D’un autre qui est là, d’un autre qui nous aime

    Et qui met plein d’ardeur à soulager nos plaies,

    D'un ton consolateur, à oublier nos peines.

     

    Alors nous sommes rois, alors nous sommes dieux,

    Rien ne peut nous atteindre et rien ne peut briser

    Cet élan plein d’émoi qui nous conduit aux cieux,

    Que nul ne peut éteindre et nous rend si légers…

     

    Sérénita

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