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    Sur l'envers de ta tristesse,

    J'ai brodé au fil des jours

    L'endroit de mon espérance :

    Une rose épanouie.

    Elle a les pétales de velours

    De mon indicible Amour

    Et le parfum sucré

    De ton rêve étoilé.

     

    Sérénita

     

     

     


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  • Quand il ne reste rien

     

    Quand il ne reste rien qui puisse ensoleiller

    Les journées assombries de nuages de maux,

    Quand les soirs, les matins, ont l’air d’être endeuillés,

    Nous avons nos amis et le miel de leurs mots.

     

    Quand le vent du matin mélange avec fureur

    Les relents suffocants du fumier toujours chaud

    Avec les doux parfums de ces premières fleurs

    Qui au cœur du printemps font hennir les chevaux,

     

    Quand le fleuve de vie charrie les boues acides

    De nos rêves déçus et de nos peurs tenaces,

    Polluant sans répit cette eau pure et limpide

    De nos âmes à nu, cherchant du ciel la trace,

     

    Nous avons, cher ami, l’étrange certitude

    D’un avant sans tristesse, un après sans souci,

    D’un temps sans interdit où nulle solitude

    Ne transforme en détresse un simple écart de vie,

     

    Nous avons en nos cœurs le bonheur assuré

    D’un autre qui est là, d’un autre qui nous aime

    Et qui met plein d’ardeur à soulager nos plaies,

    D'un ton consolateur, à oublier nos peines.

     

    Alors nous sommes rois, alors nous sommes dieux,

    Rien ne peut nous atteindre et rien ne peut briser

    Cet élan plein d’émoi qui nous conduit aux cieux,

    Que nul ne peut éteindre et nous rend si légers…

     

    Sérénita


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    Souriez-lui

     

    Il va, le regard fier et le pas décidé,

    Malgré le goût amer de sa vie lacérée.

    Il lui faut faire face et poursuivre sans elle,

    Mais son âme s'efface et son cœur est sans aile.

     

    Elle est partie trop tôt, elle est partie trop vite,

    Car son cœur au galop, bravant sa vie détruite,

    N'a pas pu résister à l'appel du sommeil.

    Elle s'en est allée rejoindre le soleil,

     

    Elle qui aimait bien voir briller un sourire

    Et nous offrait le sien, simplement, sans rien dire,

    Elle était une fée et sa douce musique

    En nos cœurs ont chanté, une saison magique.

     

    Lui-même était ce prince à l'épée pacifique,

    Dont la peur était mince et l'amour fantastique.

    Il adulait sa belle et la couvait des yeux,

    Jusqu'à l'orée cruelle en ce jour malheureux...

     

    Il a vu de ses yeux s'en aller son regard

    Et son corps malheureux se figer, sans espoir.

    Il avait tant aimé son regard feu-follet

    Et le parfum léger de son corps qui dansait.

     

    Aujourd'hui ses yeux pleurent et son corps en colère,

    Dans la sombre touffeur transpire un souffle amer.

    Car son autre est partie, derrière le grand voile,

    Au-delà de la vie, au-delà des étoiles.

     

    Qui donc pourrait lui rendre un jour son âme-sœur ?

    Qui donc pourrait comprendre un instant sa douleur ?

    Ecoutez simplement son cœur lourd qui s'épanche,

    Souriez-lui vraiment quand vers vous il se penche,

     

    Car c'est tout ce qu'un cœur peut faire pour cet homme,

    Dont l'amère douleur crie, tourbillonne comme

    Une feuille d'automne emportée par le vent

    En un jour monotone où pleure le printemps.

     

    Sérénita

     

     

     

     

     


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    Quelque-chose en nous

     

     

    Ce quelque chose en nous qui nous prend, nous surprend,

    C'est ce regard si doux dans les yeux d'un enfant,

    C'est la joie du soleil, les fées dans l'arc-en-ciel,

    C'est l'amour de l'abeille en l'or pur de son miel.

     

     

    C'est l'aile de l'oiseau caressant son petit,

    C'est la pierre dans l'eau, et le bleu sur son gris,

    C'est le souffle du vent dans les saules pleureurs,

    Et la joie du vivant dans la moite chaleur,

     

     

    C'est l'écho éternel résonnant sur la dune,

    Quand l'âpre ritournelle hante nos infortunes,

    C'est l'éclat de l'argent dans les flocons de neige,

    Quand le froid nous surprend et trouble nos arpèges.

     

     

    C'est le feu, c'est la glace et tout ce qui explose,

    Pour y mettre à la place un cœur en toutes choses.

    C'est la fin, le début d'une belle aventure,

    En nos âmes à nu, exposant leurs blessures.

     

    C'est ta main fatiguée sur l'épaule d'un autre,

    Et tes yeux ravivés, et les siens, et les nôtres,

    Par l'or de son sourire au milieu de l'enfer,

    Où sont morts ses désirs et ses bonheurs d'hier.

     

     

    Ce quelque chose en nous, mon frère, mon ami,

    Ce n'est pas grand du tout, c'est tout petit, petit,

    Mais quand il se révèle aux yeux purs de l'enfant,

    C'est l'infini du ciel qui par l'amour nous prend.

     

    Sérénita


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    Il est de ces matins où tout vous semble vide,

    Où les réveils sont vains et les heures insipides.

    De ces moments passés où l'on était en joie,

    Pourtant, rien n'a changé, la vie est toujours là,

     

    Avec ses doux parfums de saisons qui s'éveillent,

    Avec ses doux refrains et ses voix en sommeil,

    Et ses rouges passions, et ses romances bleues,

    Et l'ample floraison du Vivant amoureux.

     

    C'est qu'on a oublié que la  vie est rebelle

    Et se fait désirer quand on se lasse d'elle.

    On a perdu de vue sa nature océane,

    Ses flux et ses reflux, vaguelettes et lames.

     

    C'est qu'on a oublié que la vie se respire,

    Comme un parfum iodé, venant tel un soupir

    Réveiller notre envie de prendre notre envol

    Pour la nouvelle vie qui, en précieuse obole,

     

    S'étend devant nos cœurs assoiffés de bonheur,

    Tout en séchant nos pleurs d'un souffle salvateur.

    Ne vous attristez pas de ces instants sans joie,

    Car le vide n'est pas si  vide que l'on croit.

     

    Sérénita

     

     

     

     

     


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