• Petite fée

     

    Tu voudrais des soleils pour réchauffer la pluie,

    Ces larmes qui ruissellent en ton corps démuni.

    Tu cherches la lumière au fond de ton tunnel,

    Tu fais une prière en regardant le ciel.

     

    Puis tu fermes les yeux comme on ferme un volet,

    Pour empêcher les cieux d'ouvrir, de pénétrer

    Cette caverne obscure où gît ton chérubin,

    Prisonnier de blessures enrobées de satin.

     

    Tu voudrais une main pour agripper ta main

    Et t'emmener très loin, vers d'autres lendemains,

    Mais tes doigts se dérobent et glissent en tremblant

    Vers les plis de ta robe où s'engouffre le vent,

     

    Remontent vers ta joue, lourde comme une enclume,

    Où s'installe une moue de haine et d'amertume,

    Esquissent une caresse à l'ombre de tes cernes

    Et plongent en détresse et se mettent en berne.

     

    Tu voudrais un regard qui trouve ton trésor,

    Quelque peu au hasard, en survolant le port

    Où ton bateau fragile accoste rarement.

    Il vogue vers des îles inondées de tourments.

     

    Il aime les escales au soleil du désir

    Et pourtant il fait voile à l'envers du plaisir

    Transportant dans sa cale un tonneau de soupirs

    Et de rêves bancals attristés et martyrs.

     

    Viens, petite fée bleue au coeur sanglant d'amour,

    Qui dis souvent adieu quand tu penses bonjour,

    Qui fermes les paupières en voyant la tendresse,

    Qui te tiens belle et fière, oubliant ta détresse,

     

    Qui goûtes à pleine dent l'instant de la sagesse,

    En un désir ardent de plaisir et de liesse,

    Qui aimes les oiseaux car ils ne parlent pas,

    Viens me dire ce mot qui te soulagera.

     

    Sérénita

    Partager via Gmail Pin It




    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique